Un journal iranien écrivait il y a quelques jours : « Ainsi, nous ne tiendrons pas un an ». En effet, joindre les deux bouts devient très difficile pour les Iraniens puisque les prix alimentaires ont grimpé. Mais c’est surtout la politique du pays qui cause problème au peuple. Depuis quelques semaines, les partisans des moudjahidin du peuple d’Iran et les Unités de résistance ont appelé au boycott de l’élection présidentielle. Comment le pays en est-il arrivé à cette situation ?

Une situation économique difficile

Tout d’abord, il y a les sanctions américaines de 2018 qui sont encore d’actualité. La réduction des exportations pétrolières a engendré plusieurs conséquences. En premier, elles ont conduit à une baisse significative des ressources de l’État qui contrôle les 2/3 de l’économie nationale. Puis, un impact psychologique négatif craignant l’avenir s’abat sur les agents économiques du pays. Une accélération de la dévaluation de la monnaie s’en est suivie naturellement et conduit au renchérissement des produits importés. L’inflation est donc relancée. Mais cette envolée n’est pas uniquement liée aux sanctions. C’est surtout le résultat des choix stratégiques de la République islamique qui donne la priorité au soutien économique, politique et militaire du mouvement chiite. Une politique entièrement assumée par le Dirigeant suprême Ali Khamenei qui confirme de n’avoir jamais recherché à améliorer le niveau de vie du peuple iranien. Et même en pleine crise sanitaire, la résistance iranienne ne s’est pas reposée.

Les actions des opposants

Une opposition iranienne formée des sympathisants des moudjahidin du peuple d’Iran et des Unités de résistance a appelé à travers l’Iran au boycott de l’électorat présidentiel des mollahs. Ils ont également inscrit des graffitis, accroché quelques pancartes et distribué des tracts dénonçant une nouvelle tentative du régime des mollahs d’éliminer des preuves de ses crimes contre l’humanité. En effet, le régime a détruit les tombes des victimes du massacre des prisonniers politiques en 1988. L’activité de la résistance iranienne ont eu lieu sur plusieurs secteurs : grand Téhéran, Ispahan, Karadj, Tabriz, Machad, Racht, Hamedan, Qazvine, Qom, Ahwaz, Arak, Ilam, Behshahr, Shadegan, Torbat-e-Jam, Konarak (Sistan-Baloutchistan), Anzali, Kachan, Saqez, Shahroud, Amol, Dezfoul, Gachsaran, Abadan, Esfarayen, Kermanchah et Rafsandjan. Parmi les pancartes et graffitis figuraient : « Maryam Radjavi : non à la tyrannie religieuse, non au régime des mollahs, non au pillage et à l’oppression, oui à une République démocratique ». En plus de cela et malgré les risques encourus, les Unités de résistance mènent des actes de rébellion qui visent des bâtiments emblématiques du régime, ou des panneaux de propagande. Leurs activités se font pratiquement toutes les nuits.

Un scrutin à haut risque et les dégâts du Covid-19

Le 18 juin se tiendra le scrutin présidentiel. Une élection dont les candidats validés par le conseil des gardiens de la Constitution ne seront pas connus avant le 15 mai. Dans un tel système et dans une telle crise sociale, économique et sanitaire, le comportement des électeurs est incertain. Pour le moment, l’option du boycott rassemble plusieurs parties. La CNRI fidèle à sa place d’opposant vise à faire chuter le régime qui associe l’État et la religion et le remplacer par une République démocratique. Pour eux, il convient d’ignorer un gouvernement qui a mis en défaut les besoins du peuple et qui a tué 1.500 manifestants. Un message placardé par l‘opposition iranienne. En outre, le CNRI annonce un bilan alarmant de décès liés à la pandémie. Le nombre de morts serait 4 fois supérieur à celui communiqué par les autorités. Un chiffre avoisinant les 257 000 morts contre le chiffre officiel de 67 000, qui fait de l’Iran par rapport à son niveau de population, l’un des pays les plus touchés.